L'étude MIRA montre une croissance sans précédent de la durabilité dans le monde financier

Actuellement, l'étude n'est disponible qu'en néerlandais. Le résumé en français se trouve ci-dessous.


Résumé

Cette étude, fruit d’une collaboration entre trois partenaires - l'Agence flamande de l'environnement, l'Université d'Anvers et Forum Ethibel - examine l'évolution de l'épargne et des investissements durables en Belgique. La première partie de l’étude analyse les chiffres de 2019 afin de capturer l’évolution de la finance durable en Belgique. L'étude offre ensuite un aperçu des dernières tendances dans le monde de l'investissement durable. Ce travail tend à fournir les connaissances nécessaires au grand public, souhaitant épargner ou investir de manière durable en Belgique.


L’épargne et l’investissement durable en Belgique

L’étude examine l'évolution des produits d'épargne et d'investissement durables qui prennent en compte des critères sociaux explicites, systématiques et équilibrés. Les données qui y sont analysées incluent des produits d'épargne et d'investissement établis en Belgique, ou principalement orientés vers le marché belge, et qui sont destinés aux investisseurs privés. Ces données sont obtenues à l'aide d'une méthodologie visant à obtenir une base de données complète et à éviter le double comptage de certains produits financiers, tels que les « fonds des fonds ». De cette manière, l’étude offre au lecteur un compte-rendu complet de l'évolution de la finance durable en Belgique.

L'édition précédente de l'étude faisait état d’une importante croissance des produits financiers durables en Belgique durant l’année 2018. Néanmoins, les chiffres de 2019 indiquent une hausse encore plus importante, de l’ordre de 74 %, pour le même type de produits. Tant pour l’offre que pour la demande, la tendance pour ces produits est à la hausse comme en démontrent les chiffres : une augmentation de 48.6 milliards d’euros d’actifs investis de manière durables et la plus grande montée de l’indice Ethibel ISR depuis 1992. De plus, 107 produits ont été ajoutés à l'étude, portant à 514 le nombre de produits d'investissement durables sur le marché belge en 2019. Il s’agit de la plus forte croissance annuelle, depuis la prise des premières mesures en 1992.

L’attrait pour la durabilité dans la finance belge est particulièrement marqué au sein des fonds d’épargne-pension. La hausse pour ce type de produit est passée de 14.5 % en 2018 à 19.7 % en 2019. Avec une valeur totale de 10 milliards d’euros, les fonds d’épargne-pension se positionnent comme le deuxième plus important segment sur le marché. La première position est toujours occupée par les OPC (organismes de placement collectif) qui représentent 69.8 % du volume total. Le reste du marché contient les polices d’assurance (9 %) et les produits structurés (1.5 %). Les fonds durables avec protection du capital ont, en revanche, complètement disparu de l'offre.

Alors que l’investissement durable poursuit son essor, l'épargne durable ne cesse de décroître, et ce, depuis plusieurs années. Cette tendance semble néanmoins se stabiliser, avec une diminution de 0,4 % en 2018. En termes de volume, l’épargne durable n’a jamais été aussi basse en sept ans. L’offre est assurée par trois acteurs majeurs qui ensemble, totalisent environ 2,4 milliards d'euros sur les comptes d'épargne durables, en 2019.

Enfin, nous constatons une impressionnante croissance de la durabilité dans le monde de la banque privée. En un an, les produits durables offerts par les banques privées ont augmenté de 46 %. Les banques sont, en effet, parvenues à développer des produits d’investissement à la fois durables et standardisés, d’une valeur d’environ 28 milliards d’euros. Néanmoins, on constate que l’intérêt pour les produits durables semble essentiellement provenir d’une des tranches les plus riches de la population.

De manière générale, l’étude affiche un bilan prometteur pour le futur de la finance durable en Belgique. Cependant, il est important de se montrer vigilant face au Greenwashing. L’intégration de la durabilité dans la finance repose sur diverses stratégies, et certains acteurs tentent de surfer sur la vague sans réelle politique en matière de durabilité. Les labels de durabilités permettent de contrecarrer ces pratiques, puisqu’ils se réfèrent à des critères stricts et prônent généralement la transparence. L’importance de ces labels est grandissante et s’illustre par les chiffres recueillis dans l’étude : sur les 32 nouveaux fonds d'investissement durables qui sont entrés sur le marché en 2019, 30 d’entre eux portent un label de durabilité. Ces labels semblent donc jouer un rôle crucial dans la transition vers une finance durable. Par conséquent, il sera intéressant de suivre leur évolution lors des prochaines éditions de cette étude.


Regards sur la finance durable

La deuxième partie de cette étude se penche sur les tendances dans la finance durable et propose certaines pistes de réflexions sur base des chiffres présentés dans la première partie.

Il est important de souligner que le concept de durabilité n'est pas simple. Tous les investisseurs n'attachent pas la même importance aux différentes thématiques durables tels que l’environnement, l’aspect social, la bonne gouvernance, ou l'économie durable. Le terme 'durabilité' englobe différents enjeux pour lesquels l’intérêt de chaque investisseur varie.

C’est cette question qui a poussé Forum Ethibel et Van Lanschot Belgium à réaliser une enquête au sujet des différents profils d’investisseurs belges, sur base de leurs préférences pour la durabilité. L’analyse de cette enquête peut être consultée dans l’étude, et est rédigée par Florentine Stevenart, étudiante en master à la KUL. Les résultats permettent de distinguer cinq types d'investisseurs, allant de l'investisseur traditionnel au philanthrope. L’analyse révèle également des liens entre l'intérêt pour la durabilité et certaines caractéristiques des investisseurs telles que le sexe, le niveau d'éducation, l'âge et le niveau de richesse.

L’étude traite ensuite des données de durabilité et de leur accès au public. Plusieurs fournisseurs de données se sont spécialisés dans l’évaluation des entreprises et/ou états en développant différentes méthodologies qui permettent de comparer leurs performances en termes de durabilité. Même si l’accès à ces données reste principalement limité à des fins commerciales, deux acteurs majeurs offrent depuis peu, l’accès aux profils de durabilité de quelques grandes multinationales. Cette nouveauté marque un premier pas de la part des fournisseurs de données, vers plus de transparence.
Comme indiqué plus haut, les labels sont en vogue dans la finance durable. À titre d’exemple, le label ‘Towards Sustainability’ lancé il y un an, est devenu l’un des labels les plus importants sur le marché Européen d’un point de vue du nombre de produits labellisés. L’étude offre un aperçu des différents labels - qui mettent l’accent sur les critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance (ESG) – et présente les stratégies de durabilité qu’ils appliquent.

Ces dernières années, plusieurs initiatives ont permis de révolutionner la finance durable en Belgique mais aussi, à travers le monde. Le marché s'est révélé être innovant dès le début de son développement, et de nouveaux produits et acteurs continuent à faire leur apparition sur la scène. L’étude s’intéresse à NewB, la nouvelle banque éthique qui se présente comme la banque de demain et qui vient tout juste d’obtenir sa licence bancaire.

L'Union européenne contribue également au changement et affiche un programme ambitieux d’un point de vue écologique, avec pour objectif, la ‘neutralité climatique’ de l’Europe d'ici 2050. L’étude discute du pacte vert ou ‘Green Deal’, proposé par Ursula von der Leyen, et qui requiert une préparation, un engagement et des efforts importants de la part des gouvernements européens, du monde des affaires et des citoyens.

La dernière partie de l’étude discute des implications de la crise du coronavirus sur la finance durable. Alors que ces dernières années, l’intérêt pour la question climatique s’est vu grandir, et même concrétisé au niveau international avec la signature de plusieurs accords (COP21, Green Deal, les objectifs de développement durable des nations unies…), le COVID fait désormais l’objet de toute l’attention du monde en 2020. Les conséquences de la pandémie sur l’économie sont lourdes et le bilan reste difficile à estimer. Néanmoins, malgré les bousculements que connaissent nos sociétés, la durabilité semble conserver une place importante dans la construction du monde de demain. L’étude s’intéresse aux effets de la crise sur les marchés financiers et observe les changements de comportement et d’intérêt chez les investisseurs. 

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